À Perpignan, dans le sud de la France, le festival Visa pour l'image se déroule jusqu’au 13 septembre. Il met à l'honneur les photojournalistes du monde entier. Parmi les reportages de guerres, de crises humanitaires et de bouleversements géopolitiques qui sont exposés, il y a le travail de David Guttenfelder. Le photojournaliste américain, qui habite lui-même à Minneapolis, a documenté les manifestations massives qui ont fait suite à la mort d’Alex Pretti et de Renee Good, tous deux abattus en janvier 2026 par des agents de l'ICE, la police de l'immigration américaine.
De notre envoyée spéciale,
« C’était la première fois dans ma vie et dans ma carrière que je prenais en photo ma propre communauté et mon quartier. » David Guttenfelder revenait de longs mois de reportage en Ukraine et au Moyen-Orient lorsque les rues de Minneapolis s’embrasaient. Pour la première fois, l’actualité qu’il couvrait était au bout de sa rue.
« C’est une situation très différente que de photographier des gens que l’on connaît. Et cela a mis en épreuve nos valeurs de journaliste : se tenir aux côtés de ses voisins et photographier l’actualité avec sincérité. » Sur les photos, des manifestants réprimés par les policiers, des milliers de personnes qui bravent le froid dans les rues pour protester contre la politique migratoire de Donald Trump, et pour se soutenir les uns les autres.
« Ce qui m’a marqué le plus, c’était la rapidité avec laquelle les membres de la communauté se sont mobilisés, sont sortis et ont agi. Le plus surprenant, c’est que les photos de mes collègues professionnels et de moi-même avaient prises, n’était peut-être pas les plus percutantes. Les photos les plus percutantes étaient celles réalisées par des passants qui documentaient les événements, afin de conserver des preuves de ce qui s’est passé dans notre communauté. »
Parmi les souvenirs marquants racontés par David Guttenfelder : voir des armes similaires à celles utilisées dans les zones de guerre, braquées sur des têtes de manifestants – et aussi sur la sienne.