Réunion inédite des plus grands poids lourds du cinéma et de l’image, le sommet Lumière accueilli par la France à Saint-Paul-de-Vence a résonné hier d'appels à préserver le cinéma face à l'IA ou aux plateformes. Il a donné lieu à une série d'annonces à l'efficacité encore incertaine.
De notre envoyée spéciale,
Fonds franco-coréen d’un milliard d’euros, appel à préserver le patrimoine cinématographique, soutien aux salles de cinéma indépendantes… Le sommet Lumière a réuni 220 participants issus de 65 pays pour tenter de dessiner les grandes lignes de l’avenir de l’image. Un coup de projecteur bienvenu pour Isabelle Madelaine, productrice et présidente du syndicat de l’Union des producteurs de cinéma (UPC qui représente plus de 260 sociétés de production).
« Par les temps qui courent et par rapport au fait que notre modèle est attaqué pour des raisons idéologiques ou budgétaires, c'était quand même très important pour nous d'avoir cette forme de reconnaissance par rapport effectivement à l'existence et au poids de nos secteurs. »
À l'issue du sommet, une déclaration Lumière a été adoptée par 120 participants, compilant souhaits et engagements sans effet contraignant. C’est une déception pour Marie Masmonteil, productrice française de cinéma et présidente du bureau long métrage au Syndicat de la production indépendante (SPI).
« C'est comme quand on promulgue une loi. Après, il y a des décrets d'application et c'est ça qu'on attendrait. Des choses très concrètes pour savoir qu'est ce que ça peut changer dans l'ingénierie mondiale des rapports des uns et des autres aux images. »
L’IA générative a également été au cœur des débats. Accusée de piller la créativité des auteurs, certains participants ont adopté une charte sur l’IA pour affirmer l’importance de protéger les auteurs et leurs œuvres.