Cinéaste, scénariste et compositeur, Tony Gatlif est mort à 77 ans a annoncé sa famille. Chantre de la culture gitane, il a réalisé avec une vingtaine de films, dont "Gadjo Dilo" avec Rona Hartner et Romain Duris comme personnages principaux.
Il occupait une place singulière dans le paysage cinématographique français. Le cinéaste Tony Gatlif, réalisateur d'une vingtaine de films dont "Gadjo Dilo" avec Rona Hartner et Romain Duris est mort à 77 ans a annoncé sa famille.
Il est décédé à Arles (Bouches-du-Rhône) d'un problème de santé alors qu'il travaillait sur un projet de film historique, a indiqué sa famille, en louant "sa générosité, sa joie, sa poésie et son amour de la musique".
Mélomane et amoureux du voyage, Tony Gatlif est connu en particulier pour ses films explorant l'univers du peuple tsigane, tel "Liberté", sorti en 2010 avec Marc Lavoine et Marie-Josée Croze, racontant son terrible sort en France durant la Seconde Guerre Mondiale.
Ses histoires, profondément sociales, sont souvent habitées par une musique particulière : le flamenco dans "Vengo" (2000), la musique tzigane dans "Les Princes" (1983) ou le rebétiko, musique traditionnelle née de la fusion entre Grèce et Turquie, dans "Djam" (2017).
"Tony Gatlif avait le goût des chemins de traverse, des frontières qui s'effacent, des vies que l'on regarde trop peu. Il filmait la musique, le mouvement, l'exil et la liberté avec une énergie qui n'appartenait qu'à lui", a réagi la ministre de la Culture Catherine Pégard sur X.
Ma carrière, "un miracle"
En 2019, il décrivait sur le plateau de France 24 sa carrière comme “un miracle” : “Vingt films c’est 40 ans d’incertitudes (...), d’insomnies, de doutes”.
“Ma route a été jonchée de gens formidables que j’ai rencontrés et qui étaient comme des maîtres”, a salué l’ancien gamin des rues que rien ne destinait à une carrière dans le cinéma.
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Né Michel Dahamani d’un père kabyle et d’une mère gitane d’origine andalouse, celui qui se définissait lui-même comme un "méditerranéen" a grandi dans un bidonville algérois avant d'arriver en France en 1960 durant la guerre d'Algérie.
Dans l'Hexagone, il a d'abord connu la violence et l'errance. C'est lors d'un contrôle de police vers 12 ans qu'il a changé de nom pour éviter d'être renvoyé en Algérie, s'appropriant le nom d'un espace vert d'Alger, le parc Gatlif.
Après un passage en maison de correction, il est envoyé en Camargue sur décision de justice. Trois ans plus tard, il découvre le théâtre et l'acteur Michel Simon.
"J'ai mené une bataille contre ma destinée, contre moi-même et ce n'est pas rien", avait-il déclaré à l'AFP en 2021. La Camargue "fait partie des choses qui m'ont sauvé".
"Avant j'étais violent, il ne fallait pas me toucher, j'étais un mauvais garçon (...) je n'écoutais personne, pour moi les grands, tous les gens, étaient des ennemis", avait-il poursuivi. "Du moment où j'ai mis pied en Camargue, j'ai commencé à écouter et ça tient au respect avec lequel les gens me parlaient, sans préjugé".
Son film le plus connu, "Gadjo Dilo" ("L'étranger fou"), est un hommage à la musique tzigane, "une musique qui crie la peur et la douleur d'un peuple qui a mal à son âme", selon Tony Gatlif. Il raconte la quête d'un jeune Français idéaliste interprété par Romain Duris sur les traces d'une chanteuse qu'il retrouve dans un camp tzigane en Roumanie.
Avec AFP