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Sarah Krakovitch

Élise Blanchard raconte un Afghanistan où «les fillettes sont vendues pour survivre aux sécheresses»

Samia (14 ans) et son mari Fateh Mohammad (16 ans) sont accueillis dans la maison de ce dernier. Elle y vivra désormais tandis que Fateh Mohammad tentera de trouver du travail en Iran. Afghanistan, mars 2026.
Samia (14 ans) et son mari Fateh Mohammad (16 ans) sont accueillis dans la maison de ce dernier. Elle y vivra désormais tandis que Fateh Mohammad tentera de trouver du travail en Iran. Afghanistan, mars 2026. © Elise Blanchard

À Perpignan dans le sud de la France, le festival Visa pour l'image, qui met à l'honneur les photojournalistes du monde entier, s'est ouvert pour sa 38e édition. Les guerres, crises humanitaires et bouleversements géopolitiques du monde entier sont à l'honneur. Parmi les nombreux pays traités figure l’Afghanistan. La photojournaliste Élise Blanchard, qui a passé sept ans en Afghanistan, présente au festival « Les fillettes vendues pour survivre aux sécheresses », une série de photographies qui montre une fois de plus la détresse dans laquelle se trouvent les femmes et les jeunes filles afghanes, dans ce pays aux mains des talibans...

Pour Élise Blanchard, il était impensable de quitter ce pays avant d'avoir raconté l'histoire de ces petites filles devenues monnaie d'échange pour la survie de leur famille. Face à la sécheresse qui ravage certaines régions d'Afghanistan, certaines familles endettées vendent leurs filles pour survivre. Élise Blanchard raconte : « On parle beaucoup de l'horreur que c'est d'être une fille ou une femme en Afghanistan aujourd'hui. Mais en fait, moi, j'avais été choquée de voir qu'il y avait, à cause d'une sécheresse, une fillette, à onze ou douze ans, qui part chez son mari. Donc, même si les écoles, les lycées ou les collèges rouvrent, elle n’a aucun espoir d'y aller. »

C’est une pratique de plus en plus courante, qui ajoute encore à l'isolement des jeunes filles afghanes. « Ce sont des régions où les gens dépendent de leurs champs pour vivre, donc de leur bétail, de leurs récoltes de blé. Quand on subit cinq années de sécheresse consécutives, après d’autres périodes de sécheresse, lorsque les récoltes échouent, les familles sont endettées. Quand leur bétail ne peut plus les nourrir, ils s’endettent. Quand ils se retrouvent à ne plus pouvoir nourrir leurs enfants ou à ne plus pouvoir survivre, une des solutions, ce sont ces mariages de mineures. Parce que, en Afghanistan, lors des mariages, un prix de l’épouse est payé à la famille. Il y a vraiment ce raisonnement : je vais marier ou vendre une de mes filles. Ce ne sont pas des cas isolés. »

La photographe, qui a quitté l'Afghanistan, vit désormais au Kenya. Elle veut continuer de raconter comment le dérèglement climatique s'ajoute aux crises humanitaires et touche particulièrement les femmes et les enfants.

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