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Cinéma et intelligence artificielle : ce qu'il faut retenir du sommet Lumière

Le président français Emmanuel Macron accueille son homologue sud-coréen Lee Jae-myung au sommet Lumière sur l'avenir du cinéma à Saint-Paul-de-Vence, dans le sud de la France, le 7 septembre 2026.
Le président français Emmanuel Macron accueille son homologue sud-coréen Lee Jae-myung au sommet Lumière sur l'avenir du cinéma à Saint-Paul-de-Vence, dans les Alpes-Maritimes, le 7 septembre 2026. © Valery Hache, pool via AFP

Des poids lourds de l'industrie culturelle mondiale se sont engagés lundi à défendre un cinéma menacé par l'IA générative et les plateformes, au cours d'un sommet inédit accueilli par la France sur le modèle des grandes réunions internationales pour le climat.

Réunion inédite de l'industrie culturelle mondiale, le sommet Lumière accueilli par la France a résonné lundi 7 septembre d'appels à préserver le cinéma face à l'IA ou aux plateformes et donné lieu à une série d'annonces à l'efficacité encore incertaine.

Dispositif international de soutien au cinéma indépendant, fonds franco-coréen d'un milliard d'euros, appel à préserver le patrimoine cinématographique... ce sommet, qui a réuni quelque 220 participants issus de 65 pays à Saint-Paul-de-Vence, dans le sud de la France, a tenté de dégager l'horizon du cinéma mondial, assombri par la chute de la fréquentation (-40 % en cinq ans).

Les images animées "connaissent sans doute les bouleversements les plus importants aujourd'hui", a déclaré le président français Emmanuel Macron en ouvrant les débats. "Et c'est le sens de notre présence ici : prendre la mesure de ce qui est en train de se passer pour y apporter une réponse collective."

"Si nous échouons à répondre efficacement à ces changements, nous serons sans aucun doute possible confrontés à une crise", a estimé le président sud-coréen Lee Jae-myung, dont le pays, place forte du cinéma asiatique, coorganise cet évènement au très large casting.

Le sommet est organisé sous la houlette du CNC.
Image de couverture : Le sommet est organisé sous la houlette du CNC. © France 24

Patrons de studios hollywoodiens (Sony Pictures, Disney...) ou de chaînes de télévision, plateformes de streaming (Netflix), exploitants nigérians ou mexicains, éditeurs de jeux vidéo... Ce "Davos du Cinéma", sis dans la prestigieuse Fondation Maeght, a tenté de trouver un "terrain d'entente" pour soutenir les salles obscures.

À l'issue du sommet, une déclaration Lumière a été adoptée par 120 participants, compilant vœux et engagements mais sans effet contraignant.

Pas de quoi remettre en cause l'utilité du grand raout, selon Thierry Frémaux. "L''idée même qu'on puisse réunir ici, dans ce paysage extraordinaire, en France, tant de monde qui compte (...) est déjà une première victoire", a déclaré à l'AFP le délégué général du Festival de Cannes.

"On est un peu rassurés par les déclarations du président Macron mais toute la question est de savoir maintenant si les mesures annoncées irradieront l'ensemble de la filière et pas seulement l'industrie", a de son côté déclaré à l'AFP Rosalie Brun, déléguée de la Société des réalisateurs de films (SRF) qui regroupe quelque 500 cinéastes.

"Créer les mêmes règles pour tout le monde"

Accusés de piller films et séries, les modèles d'IA générative ont sans surprise été au cœur des débats. "Nous ferions une erreur formidable (...) si cette technologie devenait un instrument qui se substitue ou prétendrait se substituer aux auteurs", a déclaré le chef de l'État français, quand son homologue sud-coréen appelait à "ouvrir une ère où l'intelligence artificielle se développe de manière plus responsable".

Les grandes sociétés d'IA étaient toutefois absentes, tout comme YouTube, accusée en France de disposer d'un avantage concurrentiel sur les autres plateformes et les chaînes de télévision.

"L'éléphant dans la pièce, c'est vraiment YouTube", a tonné le patron de TF1 Rodolphe Belmer, estimant que la plateforme était compétitive sur le marché publicitaire parce qu'elle n'est pas soumise aux obligations de financement de la création française. "Il faut créer les mêmes règles pour tout le monde", a-t-il déclaré lors d'un panel.

À lire aussiCloner des acteurs par IA, une ligne rouge franchie en Chine ?

Gaëtan Bruel, président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), a reconnu que "toutes les difficultés" ne pouvaient être réglées en une journée mais a défendu la nécessité d'impulser un élan collectif comme sur le climat. "Nous avons besoin d'un nouveau multilatéralisme pour le cinéma et l'image animée. Cela veut dire qu'il faut s'attaquer à ces questions avec la même méthode qui a été appliquée au changement climatique", a-t-il déclaré.

D'autres grands noms du cinéma ont, à des degrés divers, apporté leur soutien à ce rassemblement. Des dizaines de Palmes d'or et des stars du cinéma mondial (Pedro Almodovar, Juliette Binoche...) se sont, eux, associés à distance à la création d'une organisation baptisée Iris pour soutenir le cinéma indépendant.

"L'initiative a vocation à constituer un réseau mondial permanent de solidarité et de soutien au service du cinéma indépendant avec un budget de 30 millions d'euros", précise la présidence française.

Avec AFP

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