Le leader chinois de la robotique Unitree a réussi, ce mercredi, son entrée à la bourse de Shanghai. Son action a gagné plus de 460%, ce qui porte sa valorisation à 445 milliards de yuans, soit près de 57 milliards d’euros. Unitree devient donc le premier fabricant de robots humanoïdes coté en Bourse en Chine continentale.
Son entrée en Bourse coïncide avec l'ouverture d'une conférence internationale de la robotique mercredi à Pékin, où des dizaines de visiteurs et de journalistes se sont pressés autour du stand d'Unitree. Le titre de la société basée à Hangzhou (est) s'échangeait à 845 yuans (108,12 euros) à la clôture des opérations, soit plus de cinq fois plus que sa valeur d'introduction (150,8 yuans, 19,3 euros).
Ces deux dernières années, Unitree a ébloui les investisseurs avec des machines capables de faire du breakdance, ou du kung-fu. En début de semaine, le fabricant a dévoilé un nouveau robot qui bat des records de vitesse et de sauts.
Le défi est désormais de transformer ces démonstrations impressionnantes en produits viables, sur le plan économique. Et justement, c’est le pari que font les investisseurs, qui misent sur l’intelligence artificielle physique, qui permet à ces robots de se déplacer et d'interagir, de manière autonome.
330 modèles de robots chinois différents en 2025
Selon les dernières estimations de la banque JP Morgan, les livraisons mondiales d’humanoïdes atteindront 60 000 unités cette année contre 18 000 en 2025. Pékin est, aujourd’hui, le leader dans ce secteur en plein essor. C’est une priorité pour le gouvernement qui prévoit d’en déployer dans ses usines, mais aussi dans les foyers pour aider la population vieillissante.
En 2025, plus de 140 entreprises chinoises ont lancé 330 modèles de robots. Des avancées qui inquiètent Washington, dans un contexte de rivalité stratégique exacerbée. Unitree fait partie des entreprises chinoises que le Pentagone a ajoutées en juin à la liste des entités considérées comme des « compagnies militaires chinoises » opérant directement ou indirectement aux États-Unis. Les États-Unis ont en outre interdit en juillet au nom de la sécurité nationale les importations de robots humanoïdes fabriqués à l'étranger, une mesure qui touche principalement les entreprises chinoises.